Les Centres de collaboration de l’INCASS forment de futurs statisticiens à mieux comprendre les données de santé volumineuses

> English

Les données jouent un rôle de plus en plus central dans la création de connaissances et d’outils en médecine et santé. Qu’elles aident les urgentologues à prendre des décisions instantanées ou les chercheurs à trouver des liens entre certains gènes et des maladies mortelles, les données peuvent être essentielles – mais seulement si nous savons les comprendre.

Pour aider les futurs scientifiques en statistique et en données à se former en ce sens, l’Institut canadiens des sciences statistiques (INCASS) a lancé un réseau canadien de centres de formation appelés Centres de collaboration en sciences de la santé (CCSS).

Les CCSS sont conçus pour aider les étudiants diplômés à acquérir les compétences nécessaires à l’analyse de données – compétences particulièrement importantes en sciences de la santé, où la moindre erreur d’interprétation peut avoir des conséquences désastreuses pour la vie d’un individu.

« L’INCASS a créé un réseau de statisticiens actifs en sciences de la santé », explique Nancy Reid, Directrice scientifique de l’INCASS. « Notre réseau nous a dit qu’il serait formidable de pouvoir offrir aux étudiants diplômés des possibilités d’apprentissage expérientiel. Nous avons jugé l’idée formidable et avons décidé de l’appuyer de toutes les manières possibles. »

Tony Fu, diplômé récent de l’Université de Calgary, est l’un des jeunes chercheurs qui a sauté sur l’occasion de parfaire ses techniques de recherche dans l’un des Centres de collaboration en sciences de la santé de l’INCASS, le Réseau de science des données Rocky Mountain (ou RMDSN) au Centre biostatistique de l’Université de Calgary.

Le parcours qui a conduit Fu vers la recherche médicale et la biostatistique – à utiliser des méthodes statistiques en médecine, biologie et santé publique – est personnel. Après avoir souffert pendant des années de maux de tête chroniques sans que les médecins ne puissent l’aider, il a décidé de contribuer à la solution et a abandonné ses études de psychologie pour s’intéresser à la statistique et à la médecine.

« Quand vous avez à faire à un problème de douleur chronique, il est vraiment frustrant pour tout le monde de naviguer le système de santé. Les patients veulent des réponses et les médecins voudraient bien les aider, mais ne savent pas comment », dit Fu. « C’est pour cela que la recherche médicale est si importante. Elle peut nous aider à trouver ces réponses et à donner espoir aux gens. »

Peu de temps après avoir entamé son programme de statistique, il a commencé à chercher des débouchés pour ses nouvelles compétences en analyse de données. Via le programme de stages du RMDSN, il s’est vu offrir un stage d’été de quatre mois au programme de recherche sur le cancer du poumon Glans-Look de l’Université de Calgary.

Ce stage lui a permis pour la première fois de travailler sur des données réelles et – grâce à son intérêt pour l’intelligence artificielle – d’appliquer des techniques d’apprentissage machine à de gros jeux de données de santé.

« La formation et le mentorat sont particulièrement importants quand on commence sa carrière », affirme Fu. « Ce stage a été un vrai coup d’envoi pour moi. Je me sens confiant de savoir appliquer mes compétences à mon travail et j’ai vraiment le sentiment de pouvoir trouver un emploi. »

En plus d’enseigner des compétences techniques, le Réseau de sciences des données veille à ce que les stagiaires apprennent d’autres compétences essentielles pour le travail dans un environnement collaboratif multidisciplinaire.

« Nous voulons que nos stagiaires soient aptes à la recherche, mais aussi aptes à l’emploi », explique Karen Kopciuk, responsable au centre, qui a joué un rôle essentiel en appariant chaque stagiaire avec une organisation qui accorde de l’importance au mentorat et à l’apprentissage expérientiel.

« Les connaissances spécialisées sont importantes, mais les compétences générales le sont aussi. Notamment lorsqu’il s’agit de travailler dans un environnement collaboratif, les chercheurs doivent apprendre à bien communiquer. Ils doivent être en mesure de traduire des résultats et des idées complexes pour des personnes de milieux très différents. »

Osvaldo Espin-Garcia, étudiant au doctorat en biostatistique, confirme que le travail dans un environnement multidisciplinaire lui a ouvert les yeux. Il s’est joint au programme de formation du Centre de collaboration en omique statistique de l’Institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum, institut de recherche biomédicale de pointe hébergé à l’hôpital Mount Sinaï, autre Centre de collaboration en sciences de la santé de l’INCASS.

« Le programme a été une occasion extraordinaire de rencontrer des chercheurs internationaux de très haut niveau », se réjouit Espin-Garcia.

« Pendant notre stage, on nous encourage à nous essayer à d’autres domaines que la statistique. J’ai suivi des cours en génétique et en épidémiologie pour mieux comprendre la pensée des spécialistes de ces domaines et les problèmes auxquels ils sont confrontés. Cela m’a donné une perspective interdisciplinaire beaucoup plus équilibrée. »

La recherche collaborative est au cœur du travail de l’INCASSS, affirme Reid, en ajoutant que l’explosion des données disponibles – et le besoin de mieux les comprendre – a ouvert de formidables perspectives pour la collaboration entre statisticiens et scientifiques. La réponse extrêmement positive à l’appel à propositions de CCSS de l’INCASS confirme sa théorie.

« Ce projet pilote a réussi au-delà de nos espérances », se félicite Reid. « Nous avons fondé onze CCSS en un rien de temps – et l’attention et le dévouement que les gens ont porté à ce nouveau réseau nous ont époustouflé. »

Avec la création récente de l’INCASS-Ontario à l’Université de Toronto, Reid espère que l’INCASS renforcera encore son leadership en science des données de santé :

« Au vu de l’explosion actuelle de la science des données de santé, tout est possible. »


Vous aimeriez en savoir plus sur les Centres de collaboration en sciences de la santé de l’INCASS ou vous impliquer personnellement? Contactez-nous à info@incass.ca.

Comments are closed.