Un message des Instituts de science mathématique du Canada pour l’examen du soutien fédéral aux sciences

28Les sciences mathématiques servent de fondement à tout écosystème de recherche avancée et les instituts de mathématiques au Canada jouent un rôle déterminant dans l’appui de ces écosystèmes. Ils y parviennent en assurant un leadership scientifique, en développant des stratégies nationales cohérentes pour la découverte et l’innovation en mathématique et en statistique, en transcendant les barrières géographiques et disciplinaires, en concertant et stimulant les initiatives provinciales, en suscitant et mettant sur pied des partenariats internationaux et en connectant la recherche aux impératifs de la formation et de l’éducation à tous les niveaux.

Le modus operandi de ces instituts complète et parfois comble, les lacunes du système canadien de financement. En plus de préconiser le maintien et le renforcement de l’appui aux instituts, nous croyons qu’un examen du schéma sous-tendant les succès engendrés par les instituts pourrait avoir une portée sur certaines questions clés que votre commission étudie pour concevoir un meilleur avenir pour la recherche scientifique au Canada.

Nous portons à l’attention de votre commission les éléments et les recommandations que voici:

La politique scientifique du Canada devrait favoriser les objectifs premiers de la recherche en science fondamentale: expliquer et améliorer la compréhension du monde naturel et jeter les bases du progrès futur par la formation de jeunes scientifiques. Cet aspect devrait être renforcé et séparé des différents programmes de financement au sein du CRSNG, de l’IRSC, du CRSH, du CNRC, du RCE et d’autres organismes qui focalisent sur des recherches potentiellement commercialisables et les partenariats avec l’industrie.

La stratégie de recherche fédérale devrait être révisée pour rétablir la cohérence du portefeuille des programmes offerts. L’objectif d’octroyer les fonds appropriés aux projets qui méritent des investissements est miné par la complexité de l’ensemble des programmes qui sont trop nombreux. Les programmes de financement de la recherche devraient être réaménagés ou fusionnés afin d’éliminer les barrières artificielles entre les disciplines et les organismes subventionnaires. Par exemple, les statisticiens devraient avoir accès aux enveloppes appuyant la recherche méthodologique dans les domaines comme la génomique, les essais cliniques et la santé publique à l’IRSC, les réseaux sociaux, l’analyse et l’exploration des données au CRSH.

Des sciences mathématiques, statistiques et informatiques avec un accès beaucoup plus large aux programmes des grands domaines thématiques contribueraient beaucoup plus efficacement à tout le spectre des activités de recherche au Canada. Les idées de l’informatique, des statistiques et des mathématiques définissent les structures utilisées pour comprendre la nature et nos sociétés: mentionnons par exemple les interactions de la matière, le transport de l’énergie et de l’information, et les dynamiques des systèmes sociaux et biologiques. L’importance des mathématiques s’intensifie dans presque toutes les sphères de la connaissance. L’approfondissement de différentes questions dépend de la recherche et de la formation à un haut niveau en sciences mathématiques.

L’attribution de fonds pour appuyer la recherche devrait suivre un processus d’évaluation cohérent et rigoureux qui repose sur l’examen scientifique indépendant par les pairs. Les investissements directs sans examen par les pairs sapent la transparence du financement de la recherche.

Les mathématiciens ont contribué à la création du Conseil national de recherche du Canada en 1916 et ont lancé MITACS en 1999. À travers les partenariats internationaux, les activités interdisciplinaires et de rayonnement industriel et un réseau national robuste, les instituts mathématiques font preuve d’excellence et exercent un leadership scientifique pour le Canada.

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